Au cours d’une conférence de presse à Kiev dimanche 23 février, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a assuré être prêt à quitter son poste, à condition que son pays adhère à l’Otan et que la Russie soit dissuadée de toute nouvelle agression.
« Si vous avez vraiment besoin que je quitte mon poste, j’y suis prêt », a lancé le président ukrainien au cours d’une conférence de presse à Kiev, « je peux échanger [la présidence] contre [une adhésion] à l’Otan », a-t-il ajouté.
Ces propos sont une réponse à ceux de Donald Trump, qui l’avait qualifié « dictateur », car il est encore au pouvoir en l’absence d’élections. L’Ukraine ne peut pas organiser de scrutins du fait de la loi martiale en vigueur à cause de l’invasion russe qui se poursuit depuis trois ans. Sur l’emploi du terme de « dictateur », Volodymyr Zelensky a affirmé ne pas être « offensé » car il était « un président légitimement élu ».
En outre, Washington a jugé irréaliste une adhésion à l’Alliance atlantique, parce que la Russien’accepterait pas alors de mettre fin aux hostilités. Après avoir aussi jugé l’Ukraine responsable du déclenchement du conflit par la Russie le 24 février 2022 et ouvert des pourparlers avec Moscou sans participation ukrainienne ou européenne, Donald Trump a encore dit samedi vouloir récupérer le montant de l’aide fournie depuis cette date en obtenant un accès aux ressources minières de l’Ukraine. Ses équipes travaillent aussi à un sommet avec Vladimir Poutine.
Volodymyr Zelensky a estimé qu’il devait rencontrer son homologue américain avant que celui-ci n’aille voir le chef de l’État russe : « Cette rencontre doit être juste, c’est-à-dire [avoir lieu] avant que Trump ne rencontre Poutine ». Il a aussi plaidé pour de la « compréhension mutuelle » et que les États-Unis fournissent donc des garanties de sécurité à même de protéger l’Ukraine de toute future agression russe, après un éventuel accord de cessation des combats. « Des garanties de sécurité de la part de Trump sont indispensables », a-t-il martelé.
Il est en outre revenu sur l’accord sur l’exploitation des minerais stratégiques ukrainiens que le président américain réclame en compensation de l’aide fournie. Selon Volodymyr Zelensky, les pourparlers progressent, mais il a exclu de signer un texte que « dix générations d’Ukrainiens » devront payer.
Une douzaine de dirigeants attendus à Kiev, peut-être un « tournant » dit Zelensky
Confrontés à la menace russe et au revirement américain, les Européens, affaiblis, tentent de se mobiliser. Selon Volodymyr Zelensky, une douzaine de dirigeants d’Europe et d’ailleurs sont attendus lundi à Kiev pour l’anniversaire de l’invasion. Il espère que les discussions prévues pourront aboutir à un « tournant » : ses alliés occidentaux, malgré leurs divisions, cherchent à apporter des garanties qui pourraient protéger l’Ukraine. « Nous avons une rencontre importante demain, un sommet. Peut-être que ce sera un tournant », a dit Volodymyr Zelensky, citant une réunion dans la capitale ukrainienne de 13 responsables étrangers et de 24 autres par vidéo.
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez se trouvera lundi à Kiev, tout comme la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen. Cette dernière a souligné avoir « fait le point » avec le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer qui sont attendus aux États-Unis respectivement lundi et jeudi.
En attendant, dans une initiative lourde de sous-entendus, les États-Unis ont proposé à l’Assemblée générale de l’ONU un projet de résolution à l’occasion du troisième anniversaire de l’assaut russe, qui ne mentionne pas l’intégrité territoriale ukrainienne. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a à l’inverse appelé dimanche à une paix « juste » qui respecte cette « intégrité territoriale ».
Sur le terrain, l’armée russe a encore revendiqué dimanche la prise de deux localités dans l’est de l’Ukraine : Oulakly et Novoandriïvka. Elle a aussi lancé dans la nuit un nombre « record » de drones, 267 au total, dont 138 ont été abattus, selon les autorités ukrainiennes.
Avec RFI